Dans la poussière

personne en sweet bleu en boule dans une usine abandonnée

 

Actualité Roubaix

Quand Delphine Chenu investit la Forge Cavrois-Mahieu, Le Non Lieu prend la pose

PUBLIÉ LE 22/05/2010 À 05H09

La Forge du Non Lieu dans l’usine Cavrois-Mahieu, c’est l’adresse chuchotée aux bons amis, amateurs d’insolite, comme un sésame ouvrant sur un univers étrange, décalé, hors du temps. Et des amis, la photographe Chenu n’en manque pas ! Ils ont tous accepté hier de servir de modèles au «  shooting » exclusif pour Le Non Lieu. Sans visage apparent.

Delphine Chenu Usine Cavrois Mahieu
PAR BRIGITTE LEMERY
blemery@lavoixdunord.fr
PHOTOS « LA VOIX »

 

Un peu comme on répond à l’appel d’un rendez-vous secret, d’une rave-party ou d’un apéro géant, les cent participants arrivent au compte-gouttes, avec la mine un peu inquiète de conspirateurs, rue Montgolfier, dans la vieille usine textile. Certains pour la première fois, adoubés par un ami, d’autres ne sont plus des novices et ont déjà accepté de lâcher prise, parfois même plusieurs fois, devant l’objectif de Delphine Chenu. Capteuse d’âmes surdouée, réputée dans la métropole, elle les a déjà piégés dans sa boîte noire, seuls, en couple, en famille, entre amis, entre anonymes à l’occasion d’un projet artistique similaire le 3 juillet dernier. Ils étaient alors 200. D’elle, ils ont déjà tout accepté, y compris de se mettre à nu et aujourd’hui, ils rempilent avec bonheur et acceptent ce nouveau challenge, cette fois vêtus, mais pieds nus, visage masqué par des cheveux, une cagoule ou face contre terre.

L’aventure photographique singulière commence dans ce lieu étonnant, La Forge de l’usine Cavrois-Mahieu investie par l’association Le Non Lieu d’Olivier Muzellec. Durant huit heures, Delphine met en scène le lieu du Non Lieu, à la demande de l’association, avec ses modèles du jour, dans les anciens locaux de l’usine : le magasin, la chaufferie avec ses cuves très impressionnantes, les ateliers d’électricité et de plomberie, la forge elle-même. « Décor industriel constitué de rouille, de métal, de cuves géantes, de tuyaux emmêlés, de poussière mais surtout lieu chargé d’émotion et d’âme. Mon but, c’est de faire quelque chose de décalé », explique-t-elle. Les visages volontairement cachés, je n’utilise que le corps des gens. dix scènes différentes avec parti pris de travailler en lumière naturelle. » Confiants dès qu’il s’agit d’être photographié par Delphine Chenu, ces gentils modèles acceptent toutes les positions, d’avoir les pieds sales, de se prendre dans les bras, de se tourner le dos, de masquer leur visage faisant fi d’ego. La vraie vedette, c’est le lieu. Tous conscients de participer à une oeuvre originale, conçue pour mettre en valeur un lieu magique, beau capharnaüm hétéroclite où voisinent aujourd’hui navettes, bobines, outils, poulies, écheveaux de laine et oeuvres d’art. Parmi les modèles postindustriels de Delphine, il y a Marie, ravie de participer à l’épreuve salissante mais ludique : « Delphine m’a déjà photographié enceinte puis avec ma fille. Elle sait nous mettre à l’aise. C’est original, innovant, il suffit de se laisser guider ! » Autre figurante, venue avec amis et enfants, Florence : « Delphine m’a déjà photographiée en couple avec mon mari, ma famille, aujourd’hui, j’ai convié des amis à se prêter au jeu. » Il y a aussi des salariés d’entreprises voisines.

Venus durant leur pose, ils n’ont pas été déçus de poser. Récompensés, comme tous, par la promesse du cliché numérique immortalisant cette pose active mais immobile à Cavrois-Mahieu. •


La Voix du Nord

2010.12.14 - Nord EclairDans la poussière par Delphine Chenu

 

vidéo

Delphine Chenu – La forge from digital marmelade on Vimeo.

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